Quel chef de parti démissionnera après les èlections de Septembre?
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Quel chef de parti démissionnera après les èlections de Septembre?

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Des résultats défavorables aux élections générales de septembre scelleront certainement la confiance de quelques chefs de parti.

Les élections ont des conséquences et après le 20 septembre, de nouveaux visages pourraient être à la tête de leur parti respectif avant les prochaines élections générales.

Bloc Québécois

Lors des dernières élections fédérales, personne ne s’attendait à ce que le parti dirigé par Yves-François Blanchet augmente son nombre de sièges de 10 en 2015 à 32 sièges en 2019. Ce faisant, dépassant le NPD pour devenir le troisième parti en importance au Canada et retrouver le statut de parti officiel.

Bien que deux députés ne soient pas candidats à la réélection, Blanchet espère augmenter le nombre de ses sièges à au moins 40 le soir des élections. Si Blanchet atteint son objectif ou perd quelques sièges, son statut de chef de parti est sûr.

Le Parti Vert

En 2019, le parti a remporté trois sièges à la Chambre des communes, un record depuis sa création. Cependant, toujours en deçà des 12 nécessaires pour former le statut de parti.

En mai 2019, Elizabeth May, alors chef du parti, a démissionné après avoir dirigé le parti pendant treize ans et a été remplacée par Annamie Paul. Paul n’a toujours pas de siège à la Chambre après avoir échoué à en obtenir un lors de sa première tentative de défaite face à la candidate libérale Marci Ien lors de l’élection partielle de 2020 pour remplacer le ministre des Finances Bill Morneau.

Paul reste le seul chef de parti fédéral sans siège à la Chambre des communes.

Si Paul réussit dans sa deuxième tentative de gagner le centre de Toronto, elle fait toujours face à un examen de la direction, mais restera probablement à la tête du parti. Si elle perd, son ténor en tant que chef du parti est terminé.

NPD

Jagmeet Singh dirige le NPD depuis 2017, faisant de lui le premier Indo-Canadien à diriger un grand parti fédéral au Canada. À l’approche des élections de 2019, le NPD comptait 39 députés élus, et le soir des élections, ils ont vu ce montant réduit à seulement 24.

Singh à l’époque était considéré comme le nouveau visage de la politique canadienne et sondait bien avant les élections générales, cependant, il n’était pas en mesure de transférer son enthousiasme dans les urnes.

À l’approche des élections générales de 2021, le NPD s’était donné comme priorité de rembourser l’hypothèque qu’ils avaient contractée sur Jack Layton Place pour aider à financer les dernières élections, ce qu’ils ont fait. Il s’agissait d’une réalisation importante au milieu d’une pandémie alors que les ceintures se resserraient.

Si Singh veut rester à la tête du parti, il devra regagner les quinze sièges qu’il a perdus en 2019. Tout ce qui n’est pas suffisant met son leadership en danger et fera l’objet d’un examen du leadership. Si les chiffres du NPD tombent en dessous de 24 sièges le soir des élections, Singh n’aura d’autre choix que de démissionner.

Le Parti conservateur

À l’approche des élections de 2021, le parti a choisi Erin O’Toole pour les diriger à la suite de la démission d’Andrew Scheer. Sa démission était due à des allégations d’utilisation abusive des fonds du parti pour payer l’éducation de ses enfants. Le parti a également estimé qu’il devait prendre une nouvelle direction puisque Scheer n’a pas réussi à battre les libéraux de Trudeau lors des dernières élections.

O’Toole est un conservateur profondément enraciné qui parle de rendre la tente plus inclusive pour tous les Canadiens. Cependant, la démographie et les politiques des partis ne reflètent toujours pas le pays. Si son parti remporte le plus de sièges, il deviendra Premier ministre. Et si les conservateurs restent l’opposition officielle, le statut d’O’Toole en tant que chef du parti est sûr car ce sera sa première élection en tant que chef. Il aura les prochaines élections générales pour faire ses preuves avant que les discussions sur son remplacement ne s’intensifient.

Parti libéral

L’actuel premier ministre et chef des libéraux, Justin Trudeau est devenu le chef de son parti en 2013. Trudeau a remporté le premier tour de scrutin avec un soutien de 80 % en remplacement de Michael Ignatieff.

Trudeau avait la notoriété et le soutien de membres qui tenaient toujours son père en haute estime. Son improbable victoire majoritaire en 2015 était que le pays voulait aller dans une nouvelle direction après une décennie de Stephen Harper.

Le premier ministre recrue s’est concentré sur la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada, en faisant de son cabinet la parité des sexes, en s’attaquant aux changements climatiques et en changeant le ton de division à Ottawa.

Trudeau a également fait de nombreux faux pas au cours de la dernière année de son premier mandat où des photos de lui portant un visage noir en tant qu’enseignant ont fait surface, le scandale WE et l’éviction de Jody Wilson Raybould du caucus. Toutes ces erreurs lui ont finalement coûté son gouvernement majoritaire en 2019.

Les gouvernements minoritaires ne durent pas et c’est pourquoi les Canadiens se rendront aux urnes en septembre. Le pays a massivement approuvé la gestion par Trudeau de la pandémie de COVID-19 et la protection des Canadiens. Un contraste saisissant avec celui de son précédent homologue américain Donald Trump.

Si les libéraux de Trudeau deviennent le parti d’opposition, sa démission n’est qu’une formalité. S’il reste Premier ministre et ne parvient pas à retrouver son gouvernement majoritaire, les questions sur sa capacité à diriger le parti se feront plus fortes. Cependant, aucun changement n’est susceptible de se produire jusqu’à l’examen obligatoire de la direction du parti.

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